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Programme économique, financier, social et culturel du Gouvernement pour l’exercice 2007
Philemon yang new

Programme économique, financier, social et culturel du Gouvernement pour l’exercice 2007

Présenté à l’Assemblée nationale le 20 novembre 2006

 

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Mesdames et Messieurs les Membres du Bureau de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

            C’est pour moi un agréable devoir de me retrouver à nouveau, devant votre auguste Chambre, pour m’acquitter de l’obligation constitutionnelle de présentation du Programme Economique, Financier, Social et Culturel du Gouvernement pour l’exercice budgétaire 2007. 

            Les propos que le Président de l’Assemblée Nationale, en votre nom, vient de tenir à mon endroit et à celui de tout le Gouvernement traduisent à suffisance la nécessaire et franche collaboration qui caractérise les rapports entre le Gouvernement et la Représentation nationale dans la conduite des affaires de l’Etat.

            A travers lui, je tiens à vous remercier ; davantage, je vous remercie pour la chaleur de votre accueil et vous assure de la disponibilité du Gouvernement à entretenir la flamme de ce dialogue permanent et constructif entre l’Exécutif et le Législatif.

Mesdames et Messieurs les Députés,

            Il y a un an, le Programme Economique, Financier, Social et Culturel du Gouvernement avait pour point de mire l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE.

Comme vous le savez, notre pays a effectivement atteint cet objectif le 28 avril dernier, en même temps qu’il a été qualifié à l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM) ; j’en évoquerai les retombées tout à l’heure, ainsi que la vision du Gouvernement après le franchissement de cette étape cruciale. 

Cela dit, dans son ensemble, la feuille de route du Gouvernement demeure inchangée, elle reste adossée sur le programme des « Grandes Ambitions » du septennat en cours du Président de la République, son Excellence Monsieur Paul BIYA, l’objectif global étant de sortir le Cameroun du sous-développement.

Le Gouvernement poursuit la réalisation de cet  objectif majeur en veillant au respect de ses engagements vis-à-vis de la communauté des bailleurs de fonds. C’est ainsi qu’il met tout en œuvre pour conduire à bonne fin le programme triennal conclu avec le FMI, appuyé par la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) et couvrant la période allant du 1er juillet 2005 au 30 juin 2008.

 

            Honorables Membres de l’Assemblée Nationale,  

            Le Programme 2007 du Gouvernement s’inscrira dans la continuité des actions engagées en 2006 et qui, dans l’ensemble, présentent des résultats encourageants dans divers secteurs de la vie de la Nation.

            Sur le plan politique, il convient de souligner l’effectivité de la rétrocession, depuis le 14 août 2006, de la péninsule de Bakassi en application de l’Arrêt de la Cour Internationale de Justice, à la faveur de la signature des Accords de Greentree, le 12 juin 2006. Cette victoire historique a été rendue possible par l’action diplomatique personnelle du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA et l’appui des pays amis.

De plus, un pas supplémentaire a été franchi dans la mise en place progressive des institutions prévues par notre loi fondamentale. En effet, vous avez voté lors de la session de juin 2006, deux importants textes fixant respectivement les conditions d’élection des Sénateurs et le mode d’élection des Conseillers régionaux.

En matière de Gouvernance et de lutte contre la corruption, la loi relative à la déclaration des biens et avoirs a été votée et promulguée, matérialisant ainsi l’option résolue du Chef de l’Etat pour plus de transparence dans la gestion des affaires publiques.

Dans le même ordre d’idées, la Commission Nationale Anti-corruption a été créée et la lutte contre ce fléau intensifiée. Le fait marquant aura été incontestablement l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre des dirigeants de certaines entreprises publiques sur lesquels pèsent différentes charges d’atteinte à la fortune publique. 

Par ailleurs, des sanctions sont régulièrement prises à l’encontre des agents publics reconnus coupables de malversations financières, mais aussi à l’endroit des entrepreneurs et prestataires de services convaincus d’avoir mal exécuté les marchés publics.

En outre, la nécessité d’une parfaite appropriation du Code de procédure pénale, a amené le Gouvernement à différer son entrée en vigueur, mettant ainsi à profit cette période transitoire pour intensifier la campagne de vulgarisation de ce nouvel outil de modernisation de la justice.

Au plan économique et financier, l’année qui s’achève aura été caractérisée par un succès majeur, l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE, qui couronne plusieurs années d’efforts dans la mise en œuvre des réformes économiques et sociales. Ce résultat, nous le devons à la clairvoyance du Président de la République, aux sacrifices consentis par le peuple camerounais et au soutien de nos partenaires au développement.

Plus concrètement, l’atteinte du point d’achèvement pourrait procurer à notre pays, avec la signature des accords à conclure, environ 2.544 milliards de F CFA répartis ainsi qu’il suit :

-          1.924 milliards de francs CFA obtenus du Club de Paris dont 510 milliards au titre de l’Initiative PPTE proprement dite et 1.414 milliards supplémentaires dans le cadre des accords bilatéraux ;

-          620 milliards de francs CFA dans le cadre de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale, dont 117 milliards pour le FMI, 398 milliards pour la Banque Mondiale et 105 milliards pour la Banque Africaine de Développement (BAD).

Il est également prévu un peu plus de 100 milliards d’annulation de la dette provenant des autres créanciers.

Pour ce qui est des allègements additionnels de dette, les créanciers membres du Club de Paris se sont engagés à passer des accords bilatéraux avec notre pays sur les montants consentis.

C’est dans ce cadre que j’ai signé avec le représentant du Gouvernement français le 22 juin dernier, le Document Cadre de Partenariat France-Cameroun 2006-2010 et le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) qui en constitue le socle.

Le premier C2D de cinq ans, couvre les échéances du 28 avril 2006 au 27 avril 2011, pour une enveloppe estimée à 352 milliards de francs CFA. Cette enveloppe est destinée au financement des projets visant à réduire la pauvreté dans les cinq secteurs ci-après : santé et lutte contre le SIDA, éducation de base, infrastructures, développement agricole et sécurité alimentaire, et environnement.

Comme vous le savez, le C2D est déjà opérationnel et les procédures de passation des marchés enclenchées, notamment en ce qui concerne le renforcement des infrastructures de Douala et de Yaoundé.

Pour garantir la réussite de ce mécanisme, un dispositif d’orientation et de suivi a été mis sur pied, comprenant outre les représentants des Gouvernements camerounais et français, ceux de la société civile et du secteur privé.

Des remises de dettes bilatérales ont également déjà été consenties par le Japon, le Canada, l’Autriche et l’Allemagne.

Les résultats que je viens brièvement d’annoncer n’auraient pas été atteints sans la bonne tenue de nos finances publiques et la poursuite des réformes structurelles.

C’est ainsi que le programme de privatisation des entreprises du portefeuille de l’Etat a été mené conformément au chronogramme arrêté par le Gouvernement. A cet égard, le processus de privatisation de la SNEC a connu une avancée significative avec, d’une part, la création de CAMWATER, société de patrimoine qui veillera à la préservation et à la consolidation de l’outil de production et, d’autre part, la mise en affermage du service public de l’eau potable, qui sera effective au courant du premier semestre 2007.

Dans le même ordre d’idées, l’opération de scission – liquidation – privatisation de la CAMAIR est en bonne voie avec la création de la Cameroon Airlines Corporation, société à capital public, dont la majorité des actions sera rétrocédée à brève échéance à un partenaire stratégique privé.

En outre, l’appel d’offres en vue de la privatisation de CAMTEL a été lancé en fin juin dernier et devra aboutir à la cession de la majorité des actions de cette société à un opérateur majeur du secteur disposant de la surface financière et des capacités techniques indispensables à la modernisation des télécommunications dans notre pays, ainsi qu’à la concrétisation de la stratégie sectorielle y relative.

Le Gouvernement a mis un point d’honneur à ce que toutes ces opérations de privatisation se déroulent dans le respect des droits sociaux des employés, la préservation des emplois et  l’amélioration de la qualité des prestations des entreprises concernées.

S’agissant du parc hôtelier de l’Etat, un avis de sollicitation à manifestation d’intérêt a été lancé pour le recrutement d’un consultant chargé de faire l’état des lieux de ce parc en vue de sa privatisation.

 Parallèlement, le programme de restructuration des entreprises publiques et établissements publics administratifs, dont l’objectif principal est d’atténuer la charge qu’ils font supporter au budget de l’Etat et de les recentrer sur leurs missions essentielles, s’est poursuivi avec  notamment la réorganisation du FEICOM, le soutien à la relance des activités de la SODECAO et la mise en œuvre du plan de réhabilitation de CAMPOST.

Dans le cadre de ce plan, le Gouvernement a procédé au recrutement d’une équipe de gestion dont une des missions principales reste la réalisation des travaux préparatoires pour la création d’une filiale qui sera chargée des services financiers de CAMPOST.

Par ailleurs le  souci constant d’amélioration des conditions de vie des populations a amené le Gouvernement, tout au long de l’année, à prendre des mesures de lutte contre l’inflation et les pénuries déguisées au détriment des consommateurs. C’est ainsi que des contrôles réguliers des prix ont été menés et des rencontres fréquentes conduites, en liaison avec les commerçants, pour discuter et arrêter de manière concertée, les mesures visant à éviter les dérapages préjudiciables au panier de la ménagère.

Les efforts menés conjointement par le Gouvernement et le secteur privé ont été couronnés par la signature en date du 28 septembre dernier, d’une ordonnance du Président de la République portant révision de la fiscalité applicable à certains produits de première nécessité. Les effets bénéfiques de cette mesure se font déjà sentir sur le pouvoir d’achat des populations. 

Toujours sur le terrain de l’amélioration des conditions de vie par l’affermissement du pouvoir d’achat, le Gouvernement a obtenu des entreprises de distribution de l’eau et de l’électricité la réduction substantielle des frais d’abonnement aux réseaux, permettant ainsi le branchement des couches les plus défavorisées.

Dans le secteur financier, il importe de souligner le démarrage des premières cotations à la Douala Stock Exchange (DSX), qui a récemment mis sur le marché financier, les actions détenues par la Société Nationale d’Investissement dans la Société des Eaux Minérales du Cameroun.

La politique d’encadrement des PME/PMI et de l’artisanat s’est poursuivie avec, entre autres, le démarrage de la première phase du projet de recensement des PME et le lancement des études en vue de la création des villages artisanaux.

            En matière d’économie agro-pastorale, le Gouvernement a poursuivi sa politique de soutien à la production et à l’encadrement du monde paysan. En outre, les pouvoirs publics se sont particulièrement mobilisés, avec le concours des bailleurs de fonds, autour de la profession avicole, pour enrayer l’épidémie de grippe aviaire qui est apparue dans les provinces de l’Extrême Nord et du Nord au début de cette année. Les mesures préventives et de lutte mises en œuvre ont permis que notre pays retrouve rapidement le statut de pays indemne, mais la vigilance reste soutenue.

            Parallèlement à la gestion de cette crise, le secteur de l’élevage a continué de bénéficier d’un encadrement approprié, à travers l’appui aux groupements d’éleveurs, le renforcement de la couverture sanitaire des cheptels et la mise en place d’un réseau national de surveillance épidémiologique.

            En matière de pêche, il convient de noter la mise en place de deux centres de formation à Limbe et à Douala et la construction, grâce à la coopération japonaise, d’un centre moderne de pêche artisanale à Kribi.

            En ce qui concerne l’économie forestière et la protection de l’environnement, la gestion rationnelle et durable des ressources est restée au centre de notre stratégie. A cet égard, je tiens ici à saluer la collaboration de la Représentation Nationale dont l’implication aura été déterminante pour l’approbation par les bailleurs de fonds, du Programme Sectoriel Forêt-Environnement (PSFE) aujourd’hui opérationnel.

Au plan des Infrastructures, il convient de mentionner que dans le domaine de l’Energie, le Gouvernement a adopté un Plan d’Action Energie pour la Réduction de la Pauvreté (PANERP), afin de promouvoir l’accès aux services énergétiques de base pour le plus grand nombre, en vue de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

De même, un plan de développement à long terme du secteur de l’électricité est en cours de finalisation, dans l’optique de permettre, à l’horizon 2030, un accroissement substantiel de l’offre énergétique d’environ 10 000 mégawatts, pour tenir compte à la fois de la croissance démographique et du développement économique.

Ledit  plan repose pour l’essentiel sur :

-          le projet d’aménagement d’une nouvelle centrale hydroélectrique à Nachtigal sur la Sanaga ; les études d’impact environnemental et social de cet important projet sont d’ores et déjà réalisées ;

-          la construction d’une centrale thermique à gaz à Kribi d’une capacité de 150 mégawatts ;

-          le projet de construction du barrage de Lom–Pangar dont les études de faisabilité sont suffisamment avancées ;

-          le projet de construction du barrage de MEMVE’ELE dont les études d’avant-projet détaillé sont terminées et le processus de sélection d’un développeur privé en cours.

Dans le domaine de l’Eau, les actions engagées ont visé comme par le passé, à augmenter le taux d’accès à l’eau potable en milieux urbain et rural. Ont ainsi été réceptionnés, les projets d’adduction d’eau potable des villes de Soa et de Maroua.

Le projet d’alimentation en eau potable de la ville de Douala dont le financement sera assuré par le groupe EXIM BANK CHINE est en voie d’aboutissement. Parallèlement, la stratégie d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement en milieu rural est en cours d’élaboration.

S’agissant du secteur des Télécommunications, la mise en service des premiers Télécentres Communautaires Polyvalents dans certaines zones rurales et l’opérationnalisation du Fonds Spécial des Télécommunications contribueront de manière substantielle au développement de ce secteur stratégique. Ce Fonds, instrument d’appui à la politique d’investissement dans le secteur, permettra au Gouvernement de financer efficacement le service universel des télécommunications ainsi que leur développement harmonieux sur toute l’étendue du territoire national.

Quant au secteur des Transports, des avancées notables ont été enregistrées tant en ce qui concerne les transports aériens et terrestres que pour ce qui est de la poursuite de la réforme portuaire.

En effet, dans le domaine des transports aériens, un Projet de Réforme de la Sécurité et de la Sûreté de l’Aviation Civile a été mis sur pied grâce à l’appui financier de la Banque Mondiale. Ce projet consiste en l’acquisition des équipements, l’entretien et l’aménagement des infrastructures aéroportuaires.

 Parallèlement, plusieurs textes ont récemment été signés dans le but de moderniser notre aviation civile et de l’arrimer aux normes internationales de sécurité.

En ce qui concerne les transports terrestres, la mise en place de la nouvelle société de transport urbain de masse est effective à Yaoundé depuis le 25 septembre dernier et la mise en exploitation progressive des lignes prévues se poursuit.

Dans la même lancée :

-          la sécurisation du parc automobile se renforce avec l’instauration des plaques d’immatriculation CEMAC. Le taux de réalisation de cette opération se situe à environ 60% ;

-          le contrôle technique des véhicules s’est amélioré avec la création de nouveaux centres de contrôle à Yaoundé, Douala, Bafoussam et Bamenda.

Dans le sous- secteur portuaire, l’on note une amélioration significative des performances, caractérisée par la réduction des délais et des coûts d’enlèvement des marchandises au Port de Douala. L’acquisition au profit de la Direction Générale des Douanes d’un scanner de contrôle des marchandises transportées par container améliorera davantage ces objectifs de réduction  des délais de passage en même temps que les recettes douanières.

En ce qui concerne les infrastructures routières, l’objectif général était, outre l’entretien du réseau, la poursuite de l’exécution des projets non achevés et la mise en route de nouveaux projets.

Il convient de mentionner d’abord certains travaux d’importance dont la réalisation est achevée. C’est notamment le cas de :

-          la réhabilitation du pont sur le Wouri, ouvert depuis quelques mois à la circulation ;

-          la construction de la route Ngaoundéré-Toubouro-frontière du Tchad ;

-          la construction des ponts sur le Ntem à Ngoazig et à Eboro dans le Sud, ainsi que la bretelle Biyi-Eba-Meyo-Kye ;

-          la construction de l’axe routier Ambam-Eking ;

-          l’ouverture de la route Mosse – Ndog Bassaben.

Pour les projets dont les financements ont été bouclés, les travaux se poursuivent normalement. Il s’agit, entre autres, de la construction :

-          du nouveau pont sur le Moungo ;

-          du pont sur la Lokoundjé à Lolodorf ;

-          de la route Yaoundé-Soa ;

-          de la route Garoua – pont de Gashiga ;

-          de la route Yaoundé – Kribi (tronçon N°1 Yaoundé – pont d’Olama) ;

-          des axes routiers Ayos – Abong Mbang et Abong Mbang – Doumé – Bonis ;

-          de la route Melong-Dschang ;

-          de la station de pesage de Ndang sur la route Ngaoundéré-Touboro-frontière Tchad ;

-          des bacs de Goyoum et Bifogo.

Mais aussi de la réhabilitation :

-          de la route Mutenguéné – Bolifamba – Kumba (tronçon Mutenguéné – Muéa) ;

-          de la route Loum – Nkongsamba ;

-          des pistes cacaoyères dans les provinces du Centre et du Sud-Ouest ;

-          des routes rurales dans les provinces de l’Adamaoua, de l’Est et du Sud-Ouest.

En matière d’entretien routier, les travaux sur le réseau prioritaire ont porté sur 4918 Km de routes bitumées, 11600 Km de routes en terre et 2435 Km de routes rurales.   

      Les mesures de protection du patrimoine ont été systématisées à travers le renforcement du pesage routier et des barrières de pluie.

Les études en vue du développement du réseau ont porté sur :

-          la route Sangmélima – Djoum – frontière du Congo ;

-          la route Garoua Boulaï – Ngaoundéré ;

-          la route Ekok – Mamfé – Bamenda ;

-          la route Mamfé – Ekok – frontière Nigeria ;

-          la route Yaoundé – Kribi (tronçon N°2 pont d’Olama – Kribi).

Par ailleurs, des études ont été réalisées en vue de la réhabilitation ou de la restructuration des ouvrages d’art que sont : les ponts de Lokomo, de Malombo sur le Nyong ; d’Awout et de Lobo ainsi que le « pont de l’Enfance » sur la Sanaga.

En matière urbaine, la mise en oeuvre de la stratégie d’embellissement de nos grandes métropoles se poursuit avec la création des espaces verts, l’aménagement des trottoirs, le reboisement de certaines zones dans la ville de Yaoundé. Un plan de réhabilitation et de développement des voiries urbaines de Douala et de Yaoundé est en cours de lancement dans le cadre du C2D avec la France.

S’agissant spécifiquement du Projet d’infrastructures de Douala, conduit avec l’appui des partenaires au développement, la tranche annuelle 2006 a permis de réceptionner les travaux du lot N°2 qui s’étend sur 13 Km répartis en trois tronçons dans les arrondissements de Douala III et V.

Les projets de développement de la voirie urbaine sur financement du Fonds routier ont concerné une cinquantaine de villes à travers le territoire national, pour un montant d’environ 5 milliards de F CFA.

Enfin, la réforme engagée dans le domaine foncier s’est traduite par la simplification des procédures de délivrance des titres fonciers et une meilleure sécurisation de la propriété immobilière.

            L’Etat a par ailleurs entrepris d’inventorier son patrimoine immobilier en vue d’une meilleure maîtrise et une plus grande sécurisation de ses différentes propriétés. 

Sur le plan éducatif, les trois niveaux d’enseignement ont continué de bénéficier de toutes les attentions du Gouvernement.

S’agissant de l’éducation de base, le Gouvernement a entrepris l’intégration de la deuxième vague de 1700 instituteurs vacataires et lancé un vaste programme de contractualisation de 13 300 instituteurs vacataires et « maîtres de parents », dans la perspective de la résorption d’ici 2011 du déficit actuel d’enseignants dans l’éducation de base et de la réalisation de l’objectif universel « d’éducation pour tous en 2015 », souscrit dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Comme par le passé, un accent particulier a été mis sur l’accroissement de l’offre éducative et le renforcement des structures d’accueil. Ainsi :

- 213 écoles primaires publiques et 234 écoles maternelles publiques ont été créées et ouvertes à travers le territoire national, surtout dans les zones rurales ;

- 2.212 salles de classe ont reçu 66.360 tables bancs représentant 132.720 places assises supplémentaires ;

- 10 écoles  maternelles ont été construites dans le cadre de l’encadrement spécifique de la petite enfance ;

- 11 écoles normales d’instituteurs de l’enseignement général ont été construites.

Dans la zone de Bakassi, 07 écoles maternelles et 14 écoles primaires ont été créées et ouvertes, notamment dans les arrondissements de Bamusso, Ekondo Titi, Mundemba, ainsi que dans les districts de Toko et Dikume-Balue.

En ce qui concerne l’enseignement secondaire, la carte scolaire s’est densifiée avec la création de 160 nouveaux établissements et la transformation de 73 collèges en lycées, avec les ouvertures effectives, depuis la rentrée dernière, de 95 CES, 18 CETIC, 60 lycées d’enseignement général et 7 lycées d’enseignement technique.

L’amélioration des outils pédagogiques s’est traduite par la réception de 17 nouveaux Centres de ressources multimédia sur l’ensemble du territoire national. La création desdits centres, faut-il le rappeler,   est la traduction dans les faits de l’engagement du Chef de l’Etat à introduire les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) à tous les niveaux d’enseignement au Cameroun.

A cet égard, le Gouvernement a créé un Centre Interuniversitaire des Technologies de l’Information et de la Communication (CITI) dont les travaux de construction sont en cours. Il a pour vocation la promotion de l’égalité d’accès aux Technologies de l’Information et de la Communication, le fonctionnement en réseau des institutions universitaires et leur arrimage à la communauté scientifique internationale.

Dans l’optique d’améliorer quantitativement et qualitativement l’offre académique, le Gouvernement vient d’ouvrir de nouveaux établissements au sein de certaines institutions universitaires publiques. Il s’agit de : la faculté du génie industriel et la faculté de médecine et des sciences pharmaceutiques à l’Université de Douala, de la filière médecine à la Faculty of Health Sciences de l’Université de Buea et d’un Etablissement de l’Ecole Normale Supérieure à Maroua. Ces établissements seront, au demeurant, rendus opérationnels dès cette année académique, avec le recrutement de la première promotion d’étudiants.

En matière d’œuvres universitaires, d’amélioration des conditions de vie des enseignants et des étudiants, il convient de mentionner la construction, en voie d’achèvement, d’une cité universitaire de 400 chambres au campus de Ngoa-Ekelle et la signature d’une convention d’assurance-maladie destinée à la couverture du risque maladie des enseignants. 

En ce qui concerne la politique sanitaire, le Gouvernement, s’est attelé à poursuivre la mise en œuvre de la stratégie sectorielle de la santé. Les actions les plus saillantes ont porté sur l’amélioration de l’offre de soins et la lutte contre les grandes endémies que sont le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme.

Dans le cadre de la lutte contre le VIH/SIDA, près de 24.000 malades sont sous anti-rétroviraux sur un objectif de 36.000 cas à traiter. Par ailleurs, les mesures multiformes de prévention se sont poursuivies, de même que de nouvelles baisses dans les coûts de traitement aux antirétroviraux et d’examen de laboratoire ont été enregistrées.

Les résultats en matière de lutte contre la tuberculose sont encore plus encourageants, car sur un objectif de 22.750 cas de tuberculose à traiter, 21.000 sont effectivement sous traitement. La lutte contre la tuberculose, affection souvent associée au VIH/SIDA, est de plus en plus efficace sur l’étendue du territoire avec l’opérationnalisation de 160 Centres de diagnostic et de traitement ainsi que la gratuité de l’accès aux médicaments anti-tuberculeux.

Le Programme National de Lutte contre le Paludisme a distribué plus de 500.000 moustiquaires imprégnées d’insecticides aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans. En outre, le Gouvernement a pris la décision du retrait progressif des monothérapies du marché et les dispositions sont prises pour rendre disponibles, sur l’étendue du territoire, les nouveaux traitements de combinaison à base d’artémisinine dès janvier 2007.

Les programmes de lutte contre les autres maladies endémiques se renforcent et, de ce fait, les maladies telles que la rougeole, la poliomyélite et la lèpre sont en cours d’élimination.

Dans le domaine de la santé de reproduction, des efforts ont été déployés en vue de la réduction de la mortalité maternelle. Ainsi, 93,8 % de femmes en milieu urbain ont bénéficié d’au moins une consultation prénatale contre 74,4 % en milieu rural. Grâce à l’amélioration du taux de couverture vaccinale, les épidémies de poliomyélite, de rougeole, de tétanos maternel et néonatal sont maîtrisées.

L’élargissement de l’accès aux médicaments a concerné tout particulièrement en 2006 la réduction du prix de l’insuline qui est désormais de 3000 F CFA.

Sur le plan social, le climat est resté relativement calme et serein tout au long de l’année en cours. Le Gouvernement s’est employé à répondre aux attentes des partenaires sociaux grâce à un dialogue permanent qui a permis de résorber les remous observés dans quelques entreprises et la signature des conventions collectives dans les secteurs des transports routiers, industrie de transformation et celui du stockage et de la distribution des produits pétroliers.

En matière d’emploi et de formation professionnelle, notamment chez les jeunes, le démarrage du Projet Intégré d’Appui aux Acteurs du Secteur Informel (PIAASI), qui bénéficie d’une substantielle dotation sur fonds PPTE, a déjà permis d’apporter un soutien financier à de nombreux groupes associatifs, groupements d’initiative commune et personnes physiques. 

Dans le but d’assurer une formation de qualité aux personnes chargées de l’encadrement des couches sociales vulnérables, il a été créé un Institut National du Travail Social, qui a vocation à dispenser une formation professionnelle initiale et continue aux travailleurs sociaux.

Dans le cadre de la promotion de la femme, il convient de souligner  la nomination de deux femmes au poste de sous-préfet.

La sauvegarde du patrimoine culturel national demeure le grand chantier dans le secteur de la culture depuis quelques années. A cet égard, les actions marquantes pour l’année qui s’achève auront porté sur le démarrage de la réhabilitation des archives nationales, la poursuite de l’inventaire général du patrimoine culturel, ainsi que la constitution d’un fichier central des sites, monuments et figures historiques du Cameroun.

En matière sportive, les travaux de construction du complexe multisports de Yaoundé ont redémarré, après quelques mois d’interruption. Dans le même ordre d’idées, un complexe sportif est en voie d’être construit à Etoudi, dans la ville de Yaoundé grâce à l’appui de la coopération française, tandis que le Gouvernement a signé avec le Japon une convention pour la réhabilitation du Stade Omnisports de Yaoundé.

Le domaine de la recherche scientifique a été, quant à lui, marqué par la dynamisation du Programme National de Recherche et de Vulgarisation Agricoles dans la perspective de son extension au niveau sous-régional et le renforcement du dispositif de surveillance autour du lac Monoun, grâce à l’installation de deux colonnes de dégazage supplémentaires.

Honorables députés,

A l’évidence, à travers son activité, le Gouvernement s’est attelé, en dépit de quelques difficultés, à donner corps au programme présenté ici même il y a tout juste un an. Toutefois, dans des secteurs comme la sécurité routière et la sécurité des personnes et des biens, il faut relever pour le déplorer, les nombreux accidents qui ont encore endeuillé les familles camerounaises et la persistance du climat d’insécurité dans certaines de nos grandes métropoles ainsi que la résurgence du phénomène des coupeurs de route dans les zones rurales.

Ce bilan mérite d’être consolidé et amélioré par des actions toujours mieux pensées et exécutées avec plus de rigueur au courant de l’exercice budgétaire prochain.

            Mesdames et Messieurs les Députés,

            Le Programme économique, financier, social et culturel du Gouvernement pour le prochain exercice, s’inscrit comme par le passé dans la recherche d’un équilibre entre le respect de nos engagements vis-à-vis de la communauté financière internationale et la vision à long terme du développement que nous devons donner à notre pays pour consolider la relance de la croissance économique et réduire la pauvreté. Plus concrètement, le Gouvernement sera davantage résolu à améliorer l’environnement des affaires, à favoriser l’investissement et à stimuler la compétitivité.

            A cet effet, à la suite des mesures prises pour améliorer le pouvoir d’achat des camerounais et en attendant la finalisation des Codes sectoriels d’application de la Charte des Investissements, le projet de loi de finances soumis à votre examen comporte un premier train de mesures incitatives relatives à la promotion des investissements.

            Il est ainsi apparu nécessaire de réinstaurer le régime du réinvestissement et d’instituer une fiscalité de faveur pour les entreprises faisant appel à l’épargne publique par le biais de notre bourse des valeurs.

            S’agissant du régime du réinvestissement, il permettra, sous certaines conditions, aux personnes physiques ou morales qui réinvestissent, de bénéficier d’une réduction de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Ce régime vise notamment le renouvellement de l’outil de production de nos entreprises qui doivent renforcer leurs capacités de production et se mettre à niveau dans la perspective du démantèlement des barrières douanières à l’horizon 2008. Il s’accompagnera en outre d’une réduction à 5% des droits de douane sur les biens d’équipement importés destinés à l’investissement.

            Il est également prévu l’enregistrement gratis des conventions de compte courant, toute chose qui allègera les coûts de financement interne des entreprises.

            Pour ce qui est du développement de notre secteur boursier, l’Etat entend d’une part, favoriser les sociétés qui ouvrent leur capital au public par l’intermédiaire de la bourse en leur appliquant un taux réduit d’impôt sur les sociétés pendant trois ans et, d’autre part, exonérer d’impôt sur le revenu des capitaux mobiliers les plus-values réalisées par les personnes physiques ou morales.

            A n’en point douter, les mesures envisagées traduisent la détermination du Gouvernement à fournir au secteur privé, chaque fois que cela est possible, les incitations susceptibles de relancer les investissements et d’accroître la compétitivité de notre tissu économique.

            Mesdames et Messieurs les Députés,

La politique budgétaire de l’Etat visera pour l’exercice 2007 à :

-          consolider l’assainissement de nos finances publiques ;

-          amplifier la croissance économique ;

-          créer des emplois ;

-          réduire significativement le chômage et ;

-           assurer une meilleure redistribution des revenus.

Elle sera toujours axée autour de la mobilisation accrue des recettes publiques en vue de leur utilisation judicieuse, dans le respect des principes de transparence et de rigueur de la dépense. La mobilisation des recettes est d’autant plus déterminante que les mécanismes de remise de dettes mentionnées précédemment consistent moins en un effacement pur et simple des sommes dues, qu’à leur cantonnement en vue d’une utilisation dans des projets de lutte contre la pauvreté.

Pour autant, la pause fiscale observée depuis quelques années ne connaîtra pas une remise en question fondamentale, l’administration fiscale s’attellera à élargir l’assiette des contribuables grâce, notamment à une meilleure maîtrise des acteurs économiques du secteur informel. La migration progressive de ces acteurs vers le secteur formel, par le biais des mécanismes d’assistance comme le Programme Intégré d’Appui au Acteurs du Secteur Informel (PIAASI) et l’adoption corrélative des comportements citoyens comme le paiement de l’impôt est l’une des contreparties du soutien apporté par l’Etat.

Les dépenses de l’Etat pour l’exercice prochain s’effectueront dans le droit fil des mesures d’assainissement mises en œuvre depuis quelques années. Les dépenses de personnel dont la charge dans le budget de l’Etat demeure anormalement élevée, en raison de fraudes diverses, constituent toujours un sujet de grande préoccupation pour le Gouvernement qui continuera le toilettage des fichiers solde pour en extraire les éléments irréguliers. Une nouvelle application de traitement informatique de la solde est en étude et sera, à terme, installée pour remplacer l’application ANTILOPE dont la fiabilité et l’efficacité ne sont plus garanties. 

Les dépenses en capital de l’Etat seront prioritairement orientées, comme par le passé, vers l’exécution de projets structurants pour notre tissu économique et bien évidemment vers des actions ayant un impact significatif sur la réduction de la pauvreté.

A cet égard, en amont, un accent particulier sera mis sur l’accroissement des capacités d’absorption des ressources destinées à l’investissement public, notamment celles issues de l’allègement de la dette.

En aval, il s’agira non seulement de garantir la transparence et le respect des procédures d’attribution des marchés publics, mais aussi et surtout de s’assurer de l’exécution effective des prestations et travaux payés sur les ressources publiques, conditions essentielles pour que l’investissement public ait un impact réel et durable sur la vie de nos populations.

En clair, le Gouvernement est résolu à mettre fin à toutes ces mauvaises pratiques que sont les marchés fictifs, les marchés surfacturés, les marchés partiellement ou mal exécutés, qui conduisent à consommer les ressources publiques sans réelle contrepartie, toutes choses préjudiciables au Trésor public et au développement de notre pays.

La poursuite du processus de privatisation sera toujours au cœur des réformes structurelles que mènera le Gouvernement en 2007. Les chantiers entamés en 2006, à l’instar de la privatisation de la CAMAIR et la SNEC pourraient connaître un aboutissement.

Par ailleurs, l’Etat entend attirer d’autres investissements directs, grâce aux nombreuses garanties qu’offriront les codes sectoriels d’application de la Charte des investissements en voie de finalisation, dont notamment celui des investissements touristiques.

Dans le secteur industriel, la politique du Gouvernement vise à offrir aux entreprises un cadre attractif pour améliorer le taux d’investissement et renforcer leur compétitivité dans la perspective de l’entrée en vigueur des Accords de partenariat économique Union Européenne- Afrique Caraïbes Pacifique à l’horizon 2008 dont l’une des conséquences sera le désarmement douanier.

A cet égard, il est envisagé, entre autres, l’extension de l’usine ALUCAM, l’achèvement des travaux de construction du Yard pétrolier de Limbé par le Chantier Naval et Industriel du Cameroun et la dynamisation de la filière textile-coton.

En matière de commerce et de protection du consommateur, les actions envisagées s’inscrivent en droite ligne de celles menées tout au long de l’année 2006 et qui tendaient à lutter contre la contrebande, les contrefaçons, les fraudes de toute nature, les hausses illicites des prix et les pénuries artificielles aux fins spéculatives.

S’agissant des questions énergétique et hydraulique, il convient de signaler la mise en œuvre dès 2007 du projet de sécurisation de l’approvisionnement en électricité dans le réseau interconnecté nord avec l’élaboration d’un avant projet détaillé du barrage hydroélectrique de BINI à WARAK, deuxième barrage de la partie septentrionale. Par ailleurs, le Gouvernement envisage la poursuite de l’électrification progressive des zones frontalières dont la tranche 2007 concernera prioritairement 33 localités situées le long de la frontière Cameroun - Nigeria.

L’hydraulique, qui bénéficie d’importants financements de la coopération internationale et d’allocations substantielles de ressources PPTE, prendra un élan nouveau grâce notamment au démarrage de travaux d’adduction et de construction de forages et de stations hydrauliques, ainsi que la réalisation de 184 forages avec le concours de la coopération japonaise et la réhabilitation des stations ScanWater. 

En matière d’économie agro-pastorale, pour accroître la contribution de ce secteur névralgique à la croissance, l’action du Gouvernement consistera, à travers la Stratégie de Développement du Secteur Rural (SDSR), en un appui aux opérateurs privés, notamment les petits, moyens et grands exploitants, ainsi que les investisseurs étrangers, en vue de doubler les productions agricoles d’ici à 2015.

Pour ce faire, l’accent sera mis sur la facilitation de l’accès aux intrants modernes de production, les facteurs de production les plus déterminants dans la production agricole que sont la terre et le crédit ainsi que le développement des activités en aval de la production, notamment le stockage, la transformation, le conditionnement et la commercialisation des produits agricoles et alimentaires.

En ce qui concerne l’accès à la terre, notamment chez les jeunes, l’action du Gouvernement consistera, à travers son Programme d’appui à l’installation des jeunes agriculteurs, à identifier les sites potentiels et entamer le dialogue et les négociations avec les autorités locales pour leur cession  aux jeunes. Il s’agira également d’identifier les jeunes et les sélectionner suivant les critères d’éligibilité établis, et leur distribuer, en fonction de la superficie du site, les parcelles de 5 à 10 hectares sur lesquels ils pourront exercer leurs activités agricoles suivant un cahier de charges précis. Outre l’accès à la terre, la Stratégie de Développement du Secteur Rural prévoit l’aménagement des parcelles  pour les rendre prêtes pour l’activité agricole et un appui aux jeunes sélectionnés pour le démarrage de leurs activités.

Pour ce qui est de l’accès au crédit dans le monde rural, le Gouvernement s’attellera à promouvoir, à travers le Projet de crédit rural décentralisé (PCRD), les établissements de micro crédit, afin de faciliter l’octroi des prêts à taux bonifiés aux producteurs et groupes de producteurs, dans un souci d’accroître l’investissement dans agriculture.

Dans le même sens, le projet de création d’une banque agricole dont les guichets seront ouverts à tous les types d’exploitants agricoles est en cours de finalisation, tandis que le fonds de développement de la cacao-culture et de la caféiculture  créé cette année, permettra aussi de financer le développement des cultures de rente dont le rôle dans le développement de notre économie à travers les exportations, est indéniable.

Je saisis cette occasion pour annoncer la création prochaine d’une structure spécialisée, chargée du financement de la petite et moyenne entreprise.

Dans le domaine de l’élevage et de la pêche, la stratégie restera axée sur l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des filières reconnues porteuses au nombre desquelles les ruminants, l’élevage à cycle court, l’élevage semi intensif, l’élevage non  conventionnel, la pêche et la pisciculture commerciale. Le Gouvernement restera par ailleurs très vigilant dans la surveillance du risque épidémique lié à la grippe aviaire.

Dans le domaine de la foresterie, les actions  porteront sur la poursuite de l’exécution Programme Sectoriel Forêt Environnement (PSFE) et la poursuite de la mise en œuvre des réformes du troisième Crédit d’Ajustement Structurel (CAS III) avec un accent sur le renforcement de la cohérence des données relatives à l’exploitation forestière, l’amélioration du système d’attribution des titres forestiers et la transparence accrue dans la gestion de ces titres. Parallèlement, les efforts du Gouvernement dans ce secteur seront orientés vers l’augmentation des volumes des produits transformés localement.

 

Dans le secteur des infrastructures, au regard du rôle moteur des infrastructures routières dans le soutien de la croissance économique, le Gouvernement entend au cours de l’exercice 2007, et conformément à la Stratégie sectorielle du bâtiment et travaux publics :

-          entretenir 4519 Km de routes bitumées, 12000 Km de routes en terre principales, 4200 Km de routes rurales et 100 ouvrages d’art ;

-          réhabiliter 194 Km de routes classées, 2445 Km de routes rurales et 374 mètres-linéaires de ponts ;

-          construire 132 Km de routes bitumées, 381 mètres-linéaires de ponts ;

-          ouvrir 374 Km de route ;

-          protéger 1800 Km de routes bitumées. 

Plus concrètement, les travaux en matière de réhabilitation, porteront sur les routes :

-         Ngaoundéré – Mbé – Guijiba – Garoua ;

-         Garoua – Figuil et Figuil – Maroua ;

-         Loum – Nkongsamba – pont du Nkam ;

-         Mutenguene – Muea et Muea – Kumba ;

-         Foumban – Tibati – Ngaoundéré.

A ces travaux, il faut ajouter le démarrage des tranches conditionnelles de la réhabilitation du pont sur le Wouri, la réhabilitation de certains ouvrages d’art notamment sur le Nyong à Akonolinga et la construction d’ouvrages semi définitifs sur certains itinéraires sur l’étendue du territoire national.

En ce qui concerne le bitumage, les travaux envisagés concernent, entre autres tronçons :

-          Mamfe – Ekok – frontière du Nigeria, par le début des indemnisations des populations riveraines ;

-          Kumba – Bachuo – Akagbe ;

-          Obala – Nanga-Eboko – Mbagba sur le tronçon Obala – Nkolessong ;

-          Zoétélé – Nkolyop ;

-          la ring road, en l’occurrence le tronçon Ndop - vers Babessi. 

Ces travaux porteront également sur la poursuite du bitumage des tronçons :

-          Ayos – Abong-Mbang et Abong-Mbang – Doumé – Bonis ;

-          Garoua – pont de Gashiga ;

-          Melong – Dschang ;

-          Yaoundé – Soa.

L’extension du réseau de desserte concernera prioritairement l’ouverture des routes dans les zones frontalières dans le bassin du Lac Tchad et la péninsule de Bakassi.

Dans le même ordre d’idées, le Gouvernement entend réaliser les infrastructures d’accompagnement des grands projets industriels avec notamment l’aménagement et la réhabilitation des voies d’accès au barrage de Natchigal et au site de Lom-Pangar.

Enfin, les études en vue du bitumage de l’axe routier Nsimalen –Yaoundé, de l’autoroute Douala – Yaoundé, de la construction d’un deuxième pont sur le Wouri et l’aménagement des entrées Est et Ouest de Douala, seront poursuivies et achevées.

En matière sanitaire, les actions prioritaires pour 2007 porteront sur l’amélioration de la prestation des soins et services et le renforcement notre système de santé.

En matière de prestation de soins et services, la lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme sera intensifiée.

En droite ligne du nouveau plan stratégique de lutte contre le VIH/SIDA 2006-2010, le Gouvernement entend matérialiser les objectifs suivants :

-          la réduction des nouvelles infections dans la population ;

-          la prise en charge médicale et psychosociale ;

-          la réduction de l’impact socio-économique de la maladie. 

Il est en outre envisagé dès l’année 2007, l’intégration de la lutte contre les parasitoses et l’intensification de la lutte contre les autres maladies endémiques telles que la filariose lymphatique, les affections rhumatismales, certaines maladies non infectieuses, à l’instar de l'épilepsie , la drépanocytose et l’asthme. De même, la lutte contre l’hypertension artérielle, le diabète et le cancer sera intensifiée.

L’amélioration de l’accès aux médicaments, réactifs et dispositifs médicaux essentiels sera poursuivie par la mise sur le marché des combinaisons thérapeutiques à base de dérivés d’artémisinine à des prix subventionnés, la subvention des anti-rétroviraux et produits connexes, des antituberculeux et d’autres médicaments des grandes endémies, ainsi que par le contrôle du respect des précédentes baisses des prix. Un accent sera également mis sur le renforcement du système national d’approvisionnement en médicaments et le développement de la fabrication locale des médicaments.

En ce qui concerne le renforcement de notre système de santé, la priorité portera sur les réformes hospitalières, notamment les pôles d’excellence, le développement des infrastructures et des équipements ainsi que la réalisation de la tranche annuelle du Programme quinquennal de construction et d’équipement de 1000 centres de santé intégrés.

Comme la santé, l’éducation continuera d’être au centre des préoccupations des pouvoirs publics par une prise en charge efficace des trois niveaux d’enseignement.

S’agissant de l’éducation de base et de l’enseignement secondaire, la priorité portera sur le renforcement en infrastructures et en personnel enseignant. Il est ainsi projeté, au niveau de l’éducation de base, la construction de 1600 salles de classe et de nombreux logements d’astreinte ainsi que le recrutement de 8.000 nouveaux instituteurs contractuels. L’environnement sanitaire des écoles primaires sera amélioré grâce à la construction des points d’eau et de latrines, tandis que les banques de livres seront mises en place dans 200 écoles.

Dans le but de développer l’enseignement technique, de nombreux ateliers seront construits ou réhabilités dans les collèges et lycées techniques. Il est par ailleurs envisagé une politique de formation professionnelle plus soucieuse de l’adéquation formation/emploi, dans le cadre de la réforme des Sections Artisanales et Rurales (SAR) et des Sections Ménagères (SM).

Pour ce qui est de l’enseignement supérieur, les actions programmées s’articulent autour des questions académiques, des infrastructures et des œuvres universitaires.

La poursuite en 2007 de la préparation du passage au système LMD (Licence – Master – Doctorat) est le défi académique le plus urgent pour nos universités, qui devront s’arrimer à cette norme internationale pour demeurer des acteurs pertinents de la communauté scientifique mondiale.

Face à la croissance quasi exponentielle des jeunes camerounais qui aspirent à l’enseignement supérieur, le Gouvernement s’attellera à planifier et à construire de nouvelles infrastructures académiques, tout en réhabilitant celles existantes. La construction de salles de cours, amphithéâtres, voire la création de nouveaux campus, à l’instar de celui envisagé pour l’Université de Douala, sont autant de réponses à cette question.

Le Gouvernement poursuivra par ailleurs sa politique mesurée et réaliste en matière d’œuvres universitaires, notamment en ce qui concerne les infrastructures d’hébergement et les aides d’excellence accordées aux étudiants méritants ou socialement défavorisés, au Cameroun et à l’étranger.

Mesdames et Messieurs les Députés,

Comme vous pouvez le constatez, la feuille de route du Gouvernement pour l’année prochaine est suffisamment ambitieuse. Aussi, le projet de loi de finances pour l’exercice 2007 s’efforce-t-il de soutenir les actions y contenues. Il convient de rappeler que ledit projet a été élaboré dans un contexte international marqué par la poursuite de la consolidation de la croissance économique mondiale, notamment dans les pays de l’Union Européenne, de l’Asie et de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC).

L’économie camerounaise, quant à elle, pourrait s’inscrire dans une dynamique de croissance soutenue par la demande intérieure, l’amélioration de l’offre de l’énergie et le renforcement de l’investissement productif, grâce notamment aux retombées du point d’achèvement de l’Initiative PPTE.

A ce titre, les hypothèses suivantes ont fondé les évolutions projetées du cadre macroéconomique :

- un taux de croissance du PIB réel de 4% ;

- un taux d’inflation de l’ordre de 2% en moyenne annuelle.

Au regard de ces données, le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2007 s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de 2.251 milliards de F CFA contre 1861 milliards de F CFA pour l’exercice 2006, et est en augmentation de 390 milliards de F CFA en valeur absolue et 20,95% en valeur relative.

S’agissant des ressources, elles sont estimées ainsi qu’il suit :

-          ressources internes : 2020 milliards de F CFA contre 1726 milliards en 2006, soit une augmentation 294 milliards en valeur absolue  et 17,03 % en valeur relative. Elles sont ventilées de la manière suivante :

·         recettes non pétrolières : 1332 milliards de F CFA

·         recettes pétrolières :     688 milliards de F CFA, dont 613 milliards de CFA de redevance SNH et 75 milliards de F Cfa d’impôts sur les sociétés pétrolières

-          ressources externes : 231 milliards de F CFA répartis de la manière suivante :

·         prêts projets : 97 milliards de F CFA

·         dons : 134 milliards de F CFA

Les prévisions de recettes internes représentent ainsi 89,74% du budget de l’Etat pour l’exercice 2007. Ce qui commande, comme par le passé, le maintien d’un cadre macroéconomique stable et un effort conséquent de mobilisation des recettes.

En matière de dépenses, la priorité reste accordée :

-          à la lutte contre la pauvreté, à travers une plus grande allocation des ressources aux secteurs prioritaires que sont l’éducation, la santé, les infrastructures de base, la gouvernance et la lutte contre la corruption ;

-          au règlement de la dette intérieure.

Dans ses grandes masses, le projet de budget de l’Etat de l’exercice 2007 consacre 51,09 % aux dépenses de fonctionnement, 22,03% aux dépenses d’investissement et 26,88% au règlement de la dette.

En ce qui concerne les dépenses courantes, celles de personnel passent de 446 milliards de F CFA à 479 milliards de F CFA, soit une hausse de 33 milliards en valeur absolue et 7,40% en valeur relative. Cette augmentation de la masse salariale est notamment justifiée par la nécessité de prendre en charge les instituteurs en cours de recrutement.

S’agissant des dépenses d’investissement public, celles-ci passent de 399 milliards de F CFA à 496 milliards de F CFA, soit une augmentation de 97 milliards en valeur absolue et 24,31% en valeur relative.

En particulier, le budget d’investissement public sur ressources internes passe de 199 à 326 milliards de F CFA, dont 100 milliards de F CFA de crédits dédiés au programme de dépenses PPTE, soit une augmentation de 127 milliards de F CFA en valeur absolue et 63,82% en valeur relative.

Pour ce qui est de la dette publique, les dotations y afférentes passent de 457 milliards de F CFA à 605 milliards de F CFA, soit une augmentation de 148 milliards de F CFA en valeur absolue et 32,38% en valeur relative. Elles sont ventilées ainsi qu’il suit :

-          dette extérieure : 120 milliards de F CFA, en diminution de 13,04% ;

-          dette intérieure : 485 milliards de F CFA, en augmentation de 52,04%.

Il apparaît ainsi qu’un volume important de crédits représentant 21,54% du budget 2007 ont été prévu au titre du règlement de la dette intérieure, traduisant la détermination du Gouvernement à renforcer la confiance, non seulement vis-à-vis du secteur privé, mais aussi des ménages.

Il importe de rappeler que la tranche annuelle du C2D s’élève à 70 milliards de F CFA auxquels devront s’ajouter 38 milliards de F CFA découlant de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM).

Mesdames et Messieurs les députés,

Ainsi que je l’ai indiqué plus haut, le Programme dont je viens de tracer les grandes lignes est très ambitieux, mais équilibré et réaliste. Il pose de nouveaux jalons dans la mise en route, selon les vœux du Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA, je cite, « du processus vertueux qui devrait prochainement nous permettre de réaliser cette mutation de notre économie qui est certainement le passage obligé vers la modernité ». Fin de citation.

Après les succès remportés en 2006, ma conviction est davantage renforcée de ce que le Gouvernement est sur la bonne voie dans le combat acharné qu’il mène en vue de sortir notre pays de la pauvreté et de promouvoir un développement économique et social durable.

Ce combat, nous sommes en passe de le gagner, comme en témoigne les termes d’un récent rapport de la Banque Mondiale qui classe le Cameroun parmi les six pays africains dans lesquels la pauvreté a sensiblement reculé au cours de ces dernières années.

Selon ce rapport, notre pays est bien parti pour atteindre l’objectif global de développement pour le millénaire, lequel vise la réduction de moitié de la pauvreté d’ici 2015.

Cette distinction témoigne de la justesse des réformes que nous menons et récompense, sans nul doute, les sacrifices endurés par nos populations.

Pour autant, elle ne doit pas conduire à relâcher les efforts. Bien au contraire, il s’agit d’une interpellation à faire encore mieux afin de réduire davantage la pauvreté dans notre pays. Tel est le défi du Gouvernement et le combat de tous les camerounais.

Ce combat, qui est un combat de tous les instants, ne se gagnera qu’avec la participation et la mobilisation de toutes les forces vives de la Nation, au premier rang desquelles les représentants élus du peuple que vous êtes, les opérateurs économiques et la société civile.

Je vous remercie de votre bienveillante attention./-

 

 
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